mercredi 21 février 2007

Fief de Rognon et Tour Renard



Le site du Fief de Rognon

Le site du Fief de Rognon(1) compris entre la rue Fief de Rognon, la rue Saint-Pierre, le faubourg de Charleroi, le boulevard Charles Vanpée et le boulevard Général Jacques était autrefois un domaine dont les familles de Trazegnies et de Aa, l'abbesse de Nivelles ainsi que le seigneur de Bornival eurent, à un moment donné, la jouissance. Des indices de ce fief remontent au 13ème siècle.

Les nouveaux immeubles du site du Fief de Rognon sont construits devant l’emplacement où s’élevait la ferme Compère. Cette ferme a été rasée en 1977. Il ne restait que les fondations et des pans de murs. Des dernières fouilles ont été entreprises à cet endroit avant que les pelleteuses aient fait disparaître toutes traces de l’histoire de cette vieille cense. Les plus vieux vestiges mis à jour dataient du XVIe ou du XVIIe siècle.


Vue de l’arrière du site « Fief de Rognon » en construction
où se trouvait l’emplacement de la ferme Compère

La tour Renard

Dans la rue du Fief de Rognon se trouve également une bâtisse qui ressemble à une vieille ferme. Il s’agit de la Tour Renard à laquelle on a adjoint des bâtiments agricoles une fois la construction démilitarisée.
La Tour Renard implantée non loin du sommet d’une côte dominait les remparts de la ville. Ouvrage avancé de la défense urbaine, elle devait vraisemblablement servir de poste de guet. Elle daterait, sans doute du milieu du XIIIe siècle. Des meurtrières sont toujours visibles. A l’origine, la tour comportait trois niveaux, réduits à deux ultérieurement.

Attenant à la tour se trouve un corps de logis datant du XVIe siècle, remanié au XIXe. Au dessus de la porte d’entrée, un écusson représente une tour sur laquelle se tient un renard, lui-même ceint par la date « 1568 ». Des dépendances ont été ajoutées par la suite et furent modifiées à plusieurs reprises jusqu’au XXe siècle.



Note :

1. du nom d’un vieux lieu-dit ou d’un sous-affluent de la Thines


D'autres photographies relatives à la Rue Fief de Rognon

http://picasaweb.google.com/gerard.lenelle/SiteDuFiefDeRognon


Documents de référence :

- Le Soir - Fief de Rognon : vers le feu vert - 07/01/2002

- S.A.N. - La Tour Renard - article détaillé de Claude Cuvellier - périodique n° 141- avril-mai-juin 2003 - pages 1 à 12

- La Dernière Heure - La tour Renard - 12/09/2003 - page 34

- Vers l'Avenir « Brabant Wallon » - Ferme Compère : vestiges mis au jour - 14/05/2004 - page 22

- Le Soir - La ferme Compère a livré ses secrets - 12/05/2004

lundi 12 février 2007

Laurent Delvaux, sculpteur des Pays-Bas autrichiens



Tu donne L’ame a tout, et au bois et au Marbre,
Tu sait faire parler le tronc du plus viel Arbre
Par toi La masse informe, a recu L’agrement,
Et La pierre a Son tour a Eu du Sentiment (sic)

(Extrait d’un poème écrit en vers
par une élève de Delvaux, Philippe Lelièvre)


Son apprentissage, ses voyages en Angleterre et en Italie


Godefroid Delvaux, originaire de Gembloux, capitaine au régiment autrichien de cavalerie était caserné à Gand lorsque le 17 janvier 1696, son épouse, Françoise Chassela mit au monde un fils dénommé Laurent (malheureusement, aucune mention de cette naissance n’apparaît dans les archives de la ville).

Laurent Delvaux manifesta très tôt un goût pour la sculpture. Il effectua un court apprentissage à Gand, où il fut peut-être l’élève de J.B. Van Helderberghe (1651-1734).

Laurent vint se perfectionner, vers l’âge de 18 ans, à Bruxelles dans l'atelier de l'Anversois Pierre-Denis Plumier (1688-1721), son véritable maître.

En 1717, il partit, pour l’Angleterre. A Londres, il fit la connaissance de Pierre Scheemaeckers le Jeune (1691-1781). Les jeunes gens travaillèrent ensemble et se spécialisèrent en sculpture funéraire. Ils réalisèrent notamment, pour l’abbaye de Westminster, le mausolée du duc de Buckingham John Sheffield.

En 1726, Laurent Delvaux accompagné de son ami Pierre quitta l’Angleterre pour l’Italie, où il s’intéressa particulièrement à la statuaire antique et où il fit de nombreuses copies. Certains de ses descendants possèdent encore des maquettes en terre de Rome de ces copies.

Son mariage avec la veuve de son ancien maître


Cette même année, le 27 mai, il épousa, à Anvers, Madeleine Pauwels, la veuve de son ancien maître Pierre-Denis Plumier. Malheureusement, cette union ne dura guère car son épouse mourut peu après la célébration de leurs noces en laissant, de son premier mariage, deux enfants. Delvaux ne les abandonna pas. Il pourvut à leur éducation et leur assura un avenir.

Son retour au pays, son remariage, son installation à Nivelles

A son retour au pays, en 1732, Laurent Delvaux s’installa à Bruxelles. Le 28 janvier 1733, il est nommé sculpteur de la Cour de l’archiduchesse Marie Elisabeth.

Lors de fréquentes visites rendues à son père qui s’était retiré à Nivelles, il rencontra puis s’éprit de Marie Agnès Colas. Marie-Agnès avait du bien et tenait un commerce de soies, laines et dentelles dans une des plus belles maisons situées sur le Grand Marché. Le 7 janvier 1734, ils se marièrent. Ils eurent trois enfants.

Delvaux ouvrit dans un premier temps un atelier à la rue du Marlet puis un autre dépendant d’une vaste maison « Le Dragon d’Or », dont la façade donnait sur la rue de Mons. Il y créa une série d'oeuvres monumentales telles que les chaires de prédication de Nivelles et de Gand. En 1750, il fut nommé sculpteur en titre du prince Charles de Lorraine.

Son décès

En 1778, Laurent Delvaux mourut à l’âge de 82 ans. Sa dépouille reposera dans un premier temps sous la chaire de Vérité dénommée « Elie dans le désert » qui se trouvait dans l’église des Carmes sise rue de Mons.

Lors de la suppression des couvents, ses restes furent transportés dans le cimetière communal. De nos jours, l’on peut toujours lire les inscriptions tumulaires gravées sur la pierre tombale d’origine. Celle-ci est fixée sur le mur du cimetière donnant sur la rue Saint-Pierre (un clic ici).

Quant à la chaire, exécutée d’après celle de l’Eglise des Carmes à Bruxelles, elle se trouve maintenant dans le fond de la collégiale de Nivelles entourée d’autres œuvres du sculpteur dont les statues des apôtres Pierre, Paul, Jacques et André.


Tombe de Laurent Delvaux dans le cimetière communal de Nivelles
Seule la pierre tumulaire fixée au mur est d’origine


Chaire de Vérité « Elie dans le désert »


Plan rapproché de la chaire de Vérité « Elie dans le désert »


Dans la collégiale ont peut également admirer la magnifique chaire de prédication « La Samaritaine ». Les parties en marbre sont de Delvaux. Les boiseries et les rampes sont l’œuvre d’un de ses élèves, le Nivellois, Philippe Lelièvre (1731-1815).

Chaire de vérité
« La Samaritaine »


Plan rapproché de la chaire de vérité
« La Samaritaine »
Une femme de Samarie vint pour puiser de l’eau
et Jésus lui dit : « Donne-moi de l’eau à boire »
(Jean, IV, 7)


Le Musée archéologique de Nivelles conservent des bozzetti (petits modèles en terre cuite des œuvres originales en marbre et/ou en bois) de Laurent Delvaux, ce qui permet d'évaluer les différences entre les esquisses et les oeuvres accomplies.

On y trouve également un buste de son fils Jean-Godefroid ainsi qu’une pièce admirable en marbre blanc représentant des chérubins enlacés.

Jean, Godefroid, Joseph, Ghislain Delvaux (1737-1813)
Son père lui achètera la charge de secrétaire au conseil souverain du Brabant
– terre cuite – musée de Nivelles

Chérubins en marbre blanc
Mis sous vitrine au musée de Nivelles



Son influence sur les artisans locaux

Il est intéressant de remarquer, que la présence de l’atelier de Delvaux à Nivelles contribua vraisemblablement, au 18ème siècle, à stimuler une production d’ébénisterie et de sculpture sur bois dans la ville. La créativité des artisans ébénistes s’exprima au mieux par la réalisation d’escaliers, dans des maisons nivelloises.

Une rue dédiée en son honneur

Une rue de Nivelles est dédiée à Laurent Delvaux. Elle relie la rue de Namur au Faubourg de Bruxelles. Un arrêté royal du 25 avril 1980 approuva le plan d’ouverture de cette rue à travers le pré du Curat.





Pays étrangers, où l’on peut admirer des œuvres de Laurent Delvaux :

- Angleterre
- Autriche
- France
- Italie
- Portugal
- Russie

En Belgique, les villes d’Anvers, Bruxelles, Bruges, Gand, Mariemont, Namur, Nivelles, Tournai possèdent des œuvres de l’artiste nivellois. Delvaux a également travaillé pour différentes abbayes telles que celles d’Afflighem et de Bois-Seigneur-Isaac.

Personnages célèbres pour lesquels il a travaillé et /ou sculpté leur buste, statue ou médaillon :

- Le roi Georges Ier
- Sir Isaac Newton
- Le roi du Portugal
- Le pape Benoît XIII
- Le pape Clément XII
- L’archiduchesse Marie Elisabeth
- Le roi Louis XV
- Le Maréchal de Saxe
- Le prince Charles de Lorraine
- L’empereur François Ier
- L’Impératrice Marie-Thérèse


D'autres photographies relatives à Laurent Delvaux

http://picasaweb.google.com/gerard.lenelle/LaurentDelvaux


Documents de référence :

- Laurent Delvaux 1696 – 1778 par Georges Willame – Bruxelles Paris - 1914
- Laurent Delvaux – Les terres cuites dans les collections publiques belges – Nivelles – septembre 1975
- Le Marnon – revue n° 41 – 1er trimestre 1978
- Généalogie du sculpteur Laurent Delvaux – Rif tout dju n°217 – avril 78 – pages 13 à 16
- Notes manuscrites originales servant à la biographie de Laurent Delvaux – Rif tout dju n° 219 – juin 1978 – pages 6 à 8
- Les rues de Nivelles de A à Z – Jean Vandendries – septembre 1989

- 1991 : une grande année artistique pour Nivelles – mars 1991 – Louis Genty

- Laurent Delvaux : Gand,1696-Nivelles,1778 – Alain Jacobs – Arthéna - Paris - 1999



Sites de référence :

-
http://www.nivelles.be/ViewArticle.php?ref=TOPA00362
-
http://www.wallonie-en-ligne.net/1995_Wallonie_Atouts-References/1995_ch13-3_Stiennon_Jacques.htm
-
http://www.latribunedelart.com/Etudes/Etudes_2006/Delvaux-103.htm
-
http://www.latribunedelart.com/Etudes/Etudes_2006/delvaux-chaire.htm
-
http://fr.wikipedia.org/wiki/Laurent_Delvaux
-
http://www.morlanwelz.be/Mariemont/mariemont18.htm

vendredi 29 décembre 2006


Sainte Gertrude de Nivelles

...
......

Erçèvez m'révèrence, o ville yuss què Gèdru est co Reine aujourd'hu !

(Abbé Michel Renard)


Gertrude et sa famille



Le père, Pépin 1er dit de Landen, le Vieux, l’Ancien, de Nivelles, né vers 580, décédé en 646, fondateur de la maison des Pippinides et maire du palais sous le règne des rois mérovingiens Clotaire II et Dagobert Ier.

Itte, la mère (Iduberge - Ideburge – Ida - Ittuberge - Itta - Itte), fondatrice du monastère de Nivelles - née en 591 et décédée en 652 -, était probablement une princesse originaire d’Aquitaine.

Ils eurent trois enfants :

- Grimoald, le fils et l’enfant le plus âgé, est né en 616 et fut assassiné à Paris en 656. Il fut, comme son père, maire du palais d’Austrasie.

- Begge, ( Begga, Begge, Bège) la fille ainée, née en 622 et décédée en 698, épousa Ansegisèle (Anségisel - Anségise) , fils de l’évêque de Metz, Saint Arnoul ( Arnould). De leur lignée descendirent Charles Martel, le héros de Poitiers, et Carolus Magnus mieux connu sous le nom de Charlemagne. Ils sont donc à l'origine de la dynastie carolingienne dont le premier roi fut Pépin le bref, leur arrière-petit-fils et fils de Charles Martel.
Après la mort de son époux, Begge fonda à Andenne un monastère de la même inspiration que celui de sa sœur Gertrude. Certains historiens avancent qu’elle serait peut-être à l’origine des premières communautés de béguines, d’autres par contre disent que ces communautés ont été influencées par un prêtre du nom de Lambert le Beges.

- Gertrude, dite Sainte Gertrude de Nivelles, la fille cadette, est née en 626 et est morte en 659 à l’âge de 33 ans, comme Jésus de Nazareth, auquel dès le plus jeune âge elle avait consacré sa vie.

Pépin Ier, sa femme Itte, et ses filles Begge et Gertrude furent canonisés.

(N.B. : Certaines des dates reprises ci-dessus peuvent différer de quelques années suivant les écrits)


Gertrude de Nivelles


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Lorsque, entre 647 et 650, Itte fonda à Nivelles un monastère sur les conseils de Saint Amand, Gertrude la rejoignit pour être plus près d’elle mais surtout pour fuir ses prétendants, car dès son enfance elle s’était promise à Dieu.

Tout au long de sa courte existence, elle fut considérée comme un modèle de vertu. A la mort de sa mère, elle lui succéda à la tête du monastère.
Elle secourait les malades, les vieillards et les déshérités et était connue pour son grand sens de l’hospitalité comme pour son érudition. Elle connaissait les saintes Ecritures, et envoya "par-delà les mers" des messagers – des hommes de bon jugement - pour ramener des reliques et des livres saints.

Elle démissionna de la charge abbatiale au profit de sa nièce Wulfetrude (Wilfetrude), fille de son frère Grimoald. Déchargée des affaires matérielles, elle se destina presque exclusivement à la vie contemplative. A cause de nombreuses privations et de jeûnes incessants, ses forces déclinèrent, et le 17 mars 659, à l’âge de trente-trois ans, elle rendit son âme à Dieu. Sa dépouille fut enterrée dans l'église Saint-Pierre près du corps de sa mère.

La première vita de Gertrude de Nivelles, la Vita Sanctae Geretrudis, fut écrite vers 670 par un de ses contemporains qui, fait exceptionnel, la côtoya. Il s’agit peut-être d’un moine irlandais de l’abbaye-aux-hommes du monastère de Nivelles qui aurait été un de ses confidents, et qui d’ailleurs relata une vision de Gertrude qu’elle lui aurait rapportée. En outre, il aurait vu le corps de la sainte exposé dans sa cellule après sa mort.


La châsse gothique


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Une reproduction mécanique de la châsse gothique


réalisée par Wim Ibens se trouve dans la salle impériale de la collégiale


En 1220, le Pape Honorius III reconnut le culte de sainte Gertrude. En 1272, une splendide châsse gothique, joyau de l'orfèvrerie médiévale, fut commandée par le Chapitre de Nivelles pour contenir les ossements de la sainte. Les orfèvres Colars de Douai et Jaquemon de Nivelles l’exécutèrent dans un alliage d’argent-cuivre rehaussé de dorures et d’émaux d’après une pourtrature (projet) conçue par un moine du nom de Jakenez d’Anchain. Malheureusement, cette châsse fut détruite le 14 mai 1940 lors du bombardement du centre de Nivelles par l’aviation allemande.



La châsse contemporaine


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Quarante-deux ans plus tard, une nouvelle châsse en acier inoxydable, réalisée et livrée à la ville par Félix Roulin en octobre 1982, accueillait les reliques de Gertrude. Cette châsse, par sa modernité, ne rallie pas à son esthétique que des avis favorables des Nivellois, des pèlerins et des touristes qui l’observent lors de leur passage à la collégiale. Pourtant, c’est peut-être cette modernité qui engendrera l’admiration des générations futures. Une fois l’an, cette châsse est transportée tout autour de Nivelles, lors de l’hommage rendu à la fondatrice et patronne de la ville par les Nivellois et les pèlerins venant de toute la Belgique, ainsi que de pays où le culte de la sainte est toujours vivace. Le Tour Sainte-Gertrude qui en était à sa 730ème édition en 2006, remonte au 13ème siècle. Et bien que cela ne soit pas attesté, il pourrait être encore plus ancien.


Le buste reliquaire processionnel

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Depuis 2006, un buste reliquaire processionnel, création de l’artiste belge Marcel Nullens, permet au Comité du Tour Sainte-Gertrude de répondre aux demandes de participation à des manifestations hors de Nivelles, que ce soit en Belgique ou à l’étranger. Ce buste processionnel qui contient une relique offerte par des sœurs bénédictines de Louvain, a été financé par un don de deux lingots d’or légués en 1947 par une Nivelloise, une participation financière du clergé et par des activités organisées par le Comité du Tour Sainte-Gertrude.


Quelques faits extraordinaires associés à Sainte Gertrude


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Des faits extraordinaires sont associés à Sainte Gertrude :

- Feuillien, homme de Dieu, et trois de ses compagnons sont tués par des brigands, dans la forêt du Roeulx. On part à leur recherche, sans succès. Finalement, soixante-dix jours après leur assassinat, Gertrude, après avoir jeûné et prié, indique l’endroit où l’on pourra trouver les corps des quatre malheureux ;

- lors d’une traversée vers l’Angleterre pour aller chercher des livres saints et des reliques, apparut un monstre marin (un cétacé ?) dans une mer subitement démontée. L’invocation de Gertrude par les moines calma la mer tandis que le monstre disparaissait ;
- on vit apparaître, pendant qu’elle priait, une boule de feu au-dessus de sa tête ;
- le moine Rinchinus perçut une odeur suave qui se dégageait du corps de Gertrude exposé dans sa cellule après sa mort ;
- Gertrude eut le don d’ubiquité, le jour même de son décès, et apparut à Trèves à une abbesse du nom de Modeste ;
- dix ans après sa mort, elle apparut pour éteindre le feu qui avait pris au monastère qu’elle avait fondé avec sa mère. Un homme la vit éteindre les flammes de son voile ;
- on relate la résurrection d'un enfant tombé dans un puits et dont la mère sollicita l’intercession de la sainte.


Le monastère devint très rapidement un lieu de pèlerinage et des miracles se produisirent à l'emplacement de sa tombe, dont les plus connus sont ceux de l’aveugle Adalberge et de la paralytique Ricburgis. Au cours des siècles qui suivirent son décès, d’autres miracles lui furent également reconnus.




Des photographies relatives à Sainte Gertrude de Nivelles se trouvent à l'adresse :


- http://picasaweb.google.com/gerard.lenelle/SainteGertrudeDeNivelles


Documents de référence :


- Notice historique sur la ville de Nivelles et sur les abbesses par François Lemaire - Nivelles - 1848 - pages 5 à 22

- Histoire du Chapitre Noble de Nivelles par Jules Fréson - Nivelles - 1890 - pages 5 à 16

- Histoire de la ville de Nivelles par Blanche Delanne – 1944
- Gertrude, Dame de Nivelles par Jean de Vincennes – septembre 1954 - 2ème édition

- Cahiers Toison d’Or – n°22 – février 1974
- Sainte Gertrude de Nivelles par Bernard Wuillaume – année ?
- Nivelles au fil du temps par Jean Vandendries – mai 1992
- Vers l'Avenir Brabant Wallon, 17/02/2003: L'homme qui vendit son âme au diable
- Vers l'Avenir Brabant Wallon, 25/09/2006, page 13: Première relique pour le reliquaire
- La Libre Belgique, 26/09/2006, page 26: Nouveau reliquaire pour Ste Gertrude


Sites de référence :


- http://books.google.be/books?id=7hMEAAAAQAAJ&printsec=titlepage&hl=fr&source=gbs_v2_summary_r&cad=0

- http://www.archive.org/stream/histoireduchapit00fruoft#page/n7/mode/2up

- http://www.toursaintegertrude.be/st_gertrude_fr.html

- http://fr.wikipedia.org/wiki/Gertrude_de_Nivelles

- http://books.google.be/books?id=y9MPAAAAYAAJ&pg=PA245&dq=%22chasse+de+sainte-gertrude%22&hl=fr#v=onepage&q=&f=false

jeudi 14 décembre 2006


Jean de Nivelles
l'pus vî ome dè Nivèle

Vive Djan-Djan (bis)
C'èst l'pus vî ome dè Nivèle
Vive Djan-Djan (bis)

C'èst l'pus vî d'nos-abitants.




Depuis cent et cent ans
Attaché à ma tour
Je veille patiemment;
Et tout le long du jour
Je découpe les heures
Dans la vie de Nivelles


(A. Caupain – La complainte de Jean de Nivelles – extrait)



Jean de Nivelle(s)


De nombreuses hypothèses ont été avancées en ce qui concerne les origines du personnage de Jean de Nivelle(s).

Il aurait été :

- le fils du duc de Montmorency vivant au XVe siècle, qui refusa obstinément de répondre à l’appel de son père afin de marcher avec lui contre le duc de Bourgogne, ce qui aurait engendré l’expression populaire : " Il ressemble au chien (à ce chien) de Jean de Nivelle, qui s'enfuit quand on l'appelle" ;

- un chanoine vivant au XIIIe siècle, qui, devenu vieux, ne supportait plus de bruit si ce n’est les aboiements de son chien ;

- un chevalier, qui d’après certains récits, parcourait à cheval les alentours de Nivelles suivi d’un lévrier, son fidèle animal ou qui accompagna Baudouin de Hainaut à la cinquième croisade. On peut voir une sculpture représentant le chevalier et son chien scellée à l'angle sud de la façade de l'ancien Palais de justice situé place Albert 1er (Grand-Place) ;

- et d’autres suppositions incontrôlables ont été avancées pour expliquer l’origine de Jean de Nivelle(s).


Jean de Nivelle apparaît dans plusieurs chansons et entre autres dans la chanson « Cadet Roussel(le) », chanson satirique, qui aurait été créée par le Chevalier Gaspard DE CHENU, sur une adaptation de la " Chanson de Jean de Nivelle ". Jean de Nivelle apparaît également dans « Le faucon et le chapon » une fable de Jean de la Fontaine et dans les « Romances sans paroles » de Paul Verlaine.





Jehan de Nivelle a deux housseaux (bottes)

Le Roi n'en a pas de si beaux

Mais il n'y a pas de semelle

Hay, avant ! Jehan de Nivelle.

(Couplet d’une chanson écrite sous François Ier)


Ce qui est certain, c’est que le personnage de Jean de Nivelle(s) a été assimilé au fil du temps au guerrier « de cuivre » qui se trouve maintenant sur la tourelle sud de la collégiale dédiée à Sainte-Gertrude.

Jean de Nivelles, surnommé Djan-Djan


Jacquemart habillé de plaques de laiton doré, de bottes cuissardes et d'une jaque (cotte de mailles), il aurait, d’après certaines sources, été offert à la ville par Charles le Téméraire en 1469. Pourtant, on mentionnerait déjà son arrivée dans les murs de Nivelles vers l’an 1400. On l’installa tout d’abord sur la tour de la maison communale, qui s'élevait, à l’époque, plus ou moins à l’actuel emplacement de la rue des Vieilles Prisons.

A l’origine, apparemment, on ne lui donne pas de nom. Vers 1525, il fut appelé " l'homme qui frappe les heures ", puis " l'homme de koeuvre" (l’homme de cuivre) à partir de 1535. Au début du XVIIe siècle, on le transporta au sommet de la tour sud de la collégiale. C’est vraisemblablement à partir de ce moment qu’on lui donna le nom sous lequel il est si réputé.

Le jacquemart de 2,8 m de haut et d'un poids de 350 kg échappa, en 1859, à l’incendie causé par la foudre qui s’était abattue sur la collégiale.

Comme certains de ses concitoyens, il a malheureusement souffert des plaies de la guerre. Bien qu’il fût épargné, lors des terribles bombardements qui rasèrent une grande partie du centre de Nivelles au cours de la seconde guerre mondiale, il n’échappa pas, le 3 septembre 1944, à un mitraillage, lors de combats pour la libération. Il fut touché à de nombreux endroits.

On le descendit de sa tour en 1947 afin de vérifier les dommages causés par la guerre (il en était déjà descendu en 1926, à l’inauguration du carillon).

Les réparations importantes furent entreprises en 1958 aux Etablissements Pécriaux, Chaudronnerie de cuivre à Nivelles. Au cours de cette année 1958, il a également participé à l’Exposition universelle de Bruxelles.

La restauration de la collégiale l’a encore éloigné de sa tourelle du mois de février 1974 au mois de mai 1976, ce qui lui a permis, le dimanche 3 mars 1974, de participer avec les aclots au carnaval de Nivelles et de se rendre au salon des vacances au Heysel à Bruxelles du 23 au 31 mars 1974.

La dernière réfection, effectuée notamment par les élèves de l'école des Arts et Métiers, eut lieu en 1979. On l’a recouvert d’enduit et de feuilles d'or (dorure à la feuille).

Depuis cette date, il n’est plus redescendu de sa tourelle et veille jour et nuit à la tranquillité des habitants de sa bonne ville de Nivelles.



Ce chien de Jean de Nivelle …





Une traîtresse voix bien souvent vous appelle;
Ne vous pressez donc nullement:
Ce n'était pas un sot, non, non, et croyez-m'en,
Que le chien de Jean de Nivelle.


(Jean de la Fontaine - Livre VIII - Fable 21 - Le Faucon et le Chapon – extrait)



En plus d’apparaître aux pieds de son maître à l'angle sud de la façade du Palais de justice on retrouve le chien de Jean de Nivelle(s) , depuis le 15 décembre 2000, devant une des entrées de l'Hôtel de Ville, sous la forme d’un lévrier de bronze offert à la commune par la confrérie de Jean de Nivelles.






Cadet Roussel(le) a trois gros chiens, (bis)
L’un court au lièvre, l’autre au lapin ; (bis)
Le troisième fuit quand on l’appelle,
Tout comme le chien d’Jean de Nivelle.

(Gaspard de Chenu - Cadet Roussel(le) – extrait)



C'est le chien de Jean de Nivelle
Qui mord sous l'oeil même du Guet !
Le chat de la mère Michel,
François-les-bas-bleus s'en égaie.

(Paul Verlaine - Romances sans paroles - VI - extrait)





D'autres photographies relatives à Jean de Nivelles



http://picasaweb.google.com/gerard.lenelle/JeanDeNivelles



Documents de référence :

- Rif tout dju n°177 - 03/1974 ;- Vers l'Avenir Brabant wallon - 16/12/2000 : Nivelles Folklore ;

- Le Soir, 16/12/2000: Le chien de Jean de Nivelles ;
- La Dernière Heure, 18/12/2000: Un compagnon pour Djean-Djean ;
- La Meuse - La Lanterne, 18/12/2000: Le petit guerrier nivellois a son chien ;
- Rif tout Dju n° 420 – 03-04/2001 ;
- Vers l'Avenir Brabant Wallon, 12/05/2003, page 8 : Parolier, chanoine ou fils de duc ? ;
- Vers l'Avenir Brabant Wallon, 12/05/2003, page 8 : Mitraillé par les Allemands.

.
Sites de référence :

.

- http://alb75.club.fr/huissier16/cadet.html


- http://thierry-klein.nerim.net/sommaire.htm


- http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_nivelles