Laurent Delvaux, sculpteur des Pays-Bas autrichiens
Tu sait faire parler le tronc du plus viel Arbre
Par toi La masse informe, a recu L’agrement,
Et La pierre a Son tour a Eu du Sentiment (sic)
(Extrait d’un poème écrit en vers
par une élève de Delvaux, Philippe Lelièvre)
Son apprentissage, ses voyages en Angleterre et en Italie

Godefroid Delvaux, originaire de Gembloux, capitaine au régiment autrichien de cavalerie était caserné à Gand lorsque le 17 janvier 1696, son épouse, Françoise Chassela mit au monde un fils dénommé Laurent (malheureusement, aucune mention de cette naissance n’apparaît dans les archives de la ville).
Laurent Delvaux manifesta très tôt un goût pour la sculpture. Il effectua un court apprentissage à Gand, où il fut peut-être l’élève de J.B. Van Helderberghe (1651-1734).
Laurent vint se perfectionner, vers l’âge de 18 ans, à Bruxelles dans l'atelier de l'Anversois Pierre-Denis Plumier (1688-1721), son véritable maître.
En 1717, il partit, pour l’Angleterre. A Londres, il fit la connaissance de Pierre Scheemaeckers le Jeune (1691-1781). Les jeunes gens travaillèrent ensemble et se spécialisèrent en sculpture funéraire. Ils réalisèrent notamment, pour l’abbaye de Westminster, le mausolée du duc de Buckingham John Sheffield.
En 1726, Laurent Delvaux accompagné de son ami Pierre quitta l’Angleterre pour l’Italie, où il s’intéressa particulièrement à la statuaire antique et où il fit de nombreuses copies. Certains de ses descendants possèdent encore des maquettes en terre de Rome de ces copies.
Son mariage avec la veuve de son ancien maître
Cette même année, le 27 mai, il épousa, à Anvers, Madeleine Pauwels, la veuve de son ancien maître Pierre-Denis Plumier. Malheureusement, cette union ne dura guère car son épouse mourut peu après la célébration de leurs noces en laissant, de son premier mariage, deux enfants. Delvaux ne les abandonna pas. Il pourvut à leur éducation et leur assura un avenir.
Son retour au pays, son remariage, son installation à Nivelles
A son retour au pays, en 1732, Laurent Delvaux s’installa à Bruxelles. Le 28 janvier 1733, il est nommé sculpteur de la Cour de l’archiduchesse Marie Elisabeth.
Lors de fréquentes visites rendues à son père qui s’était retiré à Nivelles, il rencontra puis s’éprit de Marie Agnès Colas. Marie-Agnès avait du bien et tenait un commerce de soies, laines et dentelles dans une des plus belles maisons situées sur le Grand Marché. Le 7 janvier 1734, ils se marièrent. Ils eurent trois enfants.
Delvaux ouvrit dans un premier temps un atelier à la rue du Marlet puis un autre dépendant d’une vaste maison « Le Dragon d’Or », dont la façade donnait sur la rue de Mons. Il y créa une série d'oeuvres monumentales telles que les chaires de prédication de Nivelles et de Gand. En 1750, il fut nommé sculpteur en titre du prince Charles de Lorraine.
Son décès
En 1778, Laurent Delvaux mourut à l’âge de 82 ans. Sa dépouille reposera dans un premier temps sous la chaire de Vérité dénommée « Elie dans le désert » qui se trouvait dans l’église des Carmes sise rue de Mons.
Lors de la suppression des couvents, ses restes furent transportés dans le cimetière communal. De nos jours, l’on peut toujours lire les inscriptions tumulaires gravées sur la pierre tombale d’origine. Celle-ci est fixée sur le mur du cimetière donnant sur la rue Saint-Pierre (un clic ici).
Quant à la chaire, exécutée d’après celle de l’Eglise des Carmes à Bruxelles, elle se trouve maintenant dans le fond de la collégiale de Nivelles entourée d’autres œuvres du sculpteur dont les statues des apôtres Pierre, Paul, Jacques et André.
Tombe de Laurent Delvaux dans le cimetière communal de Nivelles
Seule la pierre tumulaire fixée au mur est d’origine
Chaire de Vérité « Elie dans le désert »
Plan rapproché de la chaire de Vérité « Elie dans le désert »
Chaire de vérité
« La Samaritaine »
« La Samaritaine »
et Jésus lui dit : « Donne-moi de l’eau à boire » (Jean, IV, 7)
Le Musée archéologique de Nivelles conservent des bozzetti (petits modèles en terre cuite des œuvres originales en marbre et/ou en bois) de Laurent Delvaux, ce qui permet d'évaluer les différences entre les esquisses et les oeuvres accomplies.
On y trouve également un buste de son fils Jean-Godefroid ainsi qu’une pièce admirable en marbre blanc représentant des chérubins enlacés.
Jean, Godefroid, Joseph, Ghislain Delvaux (1737-1813)
Son père lui achètera la charge de secrétaire au conseil souverain du Brabant
– terre cuite – musée de Nivelles
Chérubins en marbre blanc
Mis sous vitrine au musée de Nivelles
Son influence sur les artisans locaux
Il est intéressant de remarquer, que la présence de l’atelier de Delvaux à Nivelles contribua vraisemblablement, au 18ème siècle, à stimuler une production d’ébénisterie et de sculpture sur bois dans la ville. La créativité des artisans ébénistes s’exprima au mieux par la réalisation d’escaliers, dans des maisons nivelloises.
Une rue dédiée en son honneur
Une rue de Nivelles est dédiée à Laurent Delvaux. Elle relie la rue de Namur au Faubourg de Bruxelles. Un arrêté royal du 25 avril 1980 approuva le plan d’ouverture de cette rue à travers le pré du Curat.
Pays étrangers, où l’on peut admirer des œuvres de Laurent Delvaux :
- Angleterre
- Autriche
- France
- Italie
- Portugal
- Russie
En Belgique, les villes d’Anvers, Bruxelles, Bruges, Gand, Mariemont, Namur, Nivelles, Tournai possèdent des œuvres de l’artiste nivellois. Delvaux a également travaillé pour différentes abbayes telles que celles d’Afflighem et de Bois-Seigneur-Isaac.
Personnages célèbres pour lesquels il a travaillé et /ou sculpté leur buste, statue ou médaillon :
- Le roi Georges Ier
- Sir Isaac Newton
- Le roi du Portugal
- Le pape Benoît XIII
- Le pape Clément XII
- L’archiduchesse Marie Elisabeth
- Le roi Louis XV
- Le Maréchal de Saxe
- Le prince Charles de Lorraine
- L’empereur François Ier
- L’Impératrice Marie-Thérèse
D'autres photographies relatives à Laurent Delvaux
http://picasaweb.google.com/gerard.lenelle/LaurentDelvaux
Documents de référence :
- Laurent Delvaux 1696 – 1778 par Georges Willame – Bruxelles Paris - 1914
- Laurent Delvaux – Les terres cuites dans les collections publiques belges – Nivelles – septembre 1975
- Le Marnon – revue n° 41 – 1er trimestre 1978
- Généalogie du sculpteur Laurent Delvaux – Rif tout dju n°217 – avril 78 – pages 13 à 16
- Notes manuscrites originales servant à la biographie de Laurent Delvaux – Rif tout dju n° 219 – juin 1978 – pages 6 à 8
- Les rues de Nivelles de A à Z – Jean Vandendries – septembre 1989
- 1991 : une grande année artistique pour Nivelles – mars 1991 – Louis Genty
- Laurent Delvaux : Gand,1696-Nivelles,1778 – Alain Jacobs – Arthéna - Paris - 1999
Sites de référence :
- http://www.nivelles.be/ViewArticle.php?ref=TOPA00362
- http://www.wallonie-en-ligne.net/1995_Wallonie_Atouts-References/1995_ch13-3_Stiennon_Jacques.htm
- http://www.latribunedelart.com/Etudes/Etudes_2006/Delvaux-103.htm
- http://www.latribunedelart.com/Etudes/Etudes_2006/delvaux-chaire.htm
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Laurent_Delvaux
- http://www.morlanwelz.be/Mariemont/mariemont18.htm
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