
A Waterloo, on vit Seutin,
Toujours calme et toujours serein,
Par son génie sauver la vie
A mille enfants de la Patrie
Toujours calme et toujours serein,
Par son génie sauver la vie
A mille enfants de la Patrie
(quatrain dédié à Louis Seutin par un auteur anonyme)
Louis-Joseph-Ghislain Seutin, est né à Nivelles, le 19 octobre 1793. Il était le dixième d’une famille nombreuse qui comptait douze enfants.
Son père, né à Ronquières était instruit bien qu’issu d’un milieu agricole modeste. Bourgeois et doyen du métier des drapiers, il tenait avec son épouse, Marie Raspe, également originaire du milieu agricole, un commerce de draps à l’enseigne « A la Boule ». Ce magasin était situé sur la Grand-place de Nivelles.
A l’école primaire, Louis Seutin suivit les enseignements de l’abbé Lafontaine dont le frère pratiquait la chirurgie. Ce praticien lui donna un ouvrage d’anatomie et peu de temps après, le petit Louis connaissait le nom de tous les os du corps humain et des principaux muscles.
Pour ses études secondaires, Seutin fréquenta le collège communal (futur athénée). Il y obtint différents prix dont un prix de grammaire et de syntaxe.
Dès l’âge de 17 ans, en octobre 1810, au lieu d’entrer en classe de poésie, il quitta Nivelles et s’installa chez sa sœur aînée qui habitait rue Haute à Bruxelles. Désireux d’entreprendre des études médicales, il obtint son admission à l’école secondaire de médecine implantée à l’hôpital Saint Pierre, avec la ferme intention de décrocher le brevet d’officier de santé. Il faut savoir qu’à cette époque, l’on pouvait obtenir un brevet qui permettait d’exercer l’art de la médecine sans avoir le grade de docteur. Comme aujourd’hui, le titre de docteur en médecine ne s’obtenait qu’au sein d’une faculté universitaire.
Dès 1812, par ses mérites, il décrocha une place d’élève interne à l’hôpital, et obtint les premiers prix d’anatomie et de médecine opératoire ainsi qu’un prix pour le cours des maladies des femmes et des enfants.
En ces temps, notre pays était français. Louis Seutin n’échappa pas à la conscription, car le tirage au sort ne lui fut pas favorable. Toutefois, en obtenant l’ajournement qui lui permit de terminer ses études, il évita l’enrôlement dans une unité de combat.
Après la réussite d’examens à Paris, il fut nommé chirurgien aide major dans l’armée de Napoléon Bonaparte et fut affecté aux troupes napoléoniennes qui avaient leurs cantonnements dans le Mein en Allemagne.
En 1813, Seutin se trouvait sous les ordres du chirurgien chef Larrey. Sa tâche principale fut de soigner les blessés après les batailles de Bautzen et de Dresde. Malheureusement, les troupes du Maréchal Gouvion-Saint-Cyr encerclées près de Dresde durent capituler et Seutin se retrouva prisonnier dans la forteresse d’Olmutz jusqu’au traité de paix signé l’année suivante.
Le 3 avril 1814, Napoléon Ier fut déchu par le sénat. Le traité de Fontainebleau, signé le 11 avril 1814, confirma sa première abdication.
Licencié, le 27 juin 1814, du service français, Seutin rentra à Nivelles, à la satisfaction de sa famille et de ses amis.
Le congrès de Vienne, une conférence internationale mise en place pour redessiner la carte de l'Europe, rattacha les provinces belges aux provinces hollandaises sous la souveraineté de Guillaume Ier des Pays-Bas.
Le 8 octobre 1814, le commissaire général de la guerre nomma Seutin au poste de chirurgien aide major à l’hôpital militaire de Bruxelles.
Le 26 février 1815, Napoléon s’échappa de l’île d’Elbe. Son retour marqua le début de la campagne des cent jours qui apporta dans notre région de terribles affrontements. En effet, le coût de la bataille de Waterloo s'éleva à plus ou moins 40 000 morts, blessés ou disparus, armée française et armées alliées confondues.
Nivelles fut, avec d'autres localités environnantes, l’une des destinations des convois de blessés. L'église des Récollets, à elle seule, contint plus de 500 combattants, blessés ou mutilés. 129 soldats qui ne survécurent pas à leurs blessures furent ensevelis dans le cimetière de la ville (un clic ici pour visionner la pierre commémorative qui se trouve devant l’entrée principale du cimetière).
Bien que le quatrain mentionné au début de cet article laisserait penser que Seutin soignait les blessés, le 18 juin 1815, sur les lieux des combats, ses mémoires nous laissent entendre qu’à ces instants tragiques il se trouvait plus que vraisemblablement à Bruxelles :
« Après les quatre journées de la bataille (du 15 au 18 juin), les blessés nous arrivèrent en si grand nombre que les hôpitaux et les maisons des habitants de Bruxelles en regorgeaient »
(…)
« Le 28 juin je fus nommé chef de l’ambulance qui devait se rendre dans les communes voisines du champ de bataille pour y donner des soins aux nombreux blessés qui s’y trouvaient. L’instruction que je reçus était ainsi conçue : Les officiers de santé sont sous les ordres de M. Seutin qui sera chargé particulièrement du service chirurgical. La division se rendra à Wavre, Charleroy, Nivelles et autres communes environnantes, afin de prodiguer aux blessés tous les secours possibles. »
De 1816 à 1820 Seutin redevint étudiant. Il obtint les diplômes de docteur en médecine à la faculté de Leyde et de docteur en chirurgie et accouchements à la faculté de médecine de Liège.
A cours de la période de 1822 à 1824, il obtint sa démission en tant que médecin militaire, fut appelé comme chirurgien chef de l’hôpital Saint-Pierre et fut nommé professeur de médecine opératoire, d’accouchements et de maladies des femmes et des enfants à l’école de médecine de Bruxelles.
C’est à cette époque, qu’il convola en justes noces avec Marie-Thérèse Caroly, une des plus riches héritières de Bruxelles. On raconte qu’avant de rencontrer celle qui deviendrait sa femme, il aurait désiré prendre en épousailles une nivelloise, fille du brasseur Desbille mais celle-ci, suivant le vœu paternel, préféra consacrer sa vie aux œuvres religieuses et serait devenue une des fondatrices de la congrégation des sœurs de l’Enfant-Jésus de Nivelles.
Le 4 novembre 1830, à la conférence de Londres, l’indépendance de la Belgique est reconnue par l’Autriche, la France, la Grande-Bretagne, la Prusse et la Russie. La Hollande marque son opposition.
En 1831, lors d’une dernière tentative de reconquête hollandaise, Louis Seutin participe, en tant que médecin-chef de la jeune armée belge, au siège de la citadelle d’Anvers occupée par le général hollandais Chassé.
En 1834, le roi Léopold Ier choisit Seutin comme médecin personnel.
La même année, Seutin soutint Théodore Verhaegen dans la fondation de l’Université Libre de Bruxelles. Il prit la tête des chaires de clinique chirurgicale et de médecine opératoire.
En 1841, il fut parmi les membres fondateurs de l’académie royale de médecine belge.
En 1852, le Conseil des Hospices de Nivelles le nomma médecin en chef honoraire de l’hôpital général de la ville.
En 1853, il fut élu sénateur du parti libéral. Au sénat, il prôna l’amélioration du sort des classes laborieuses et de l’hygiène publique. C’est à l’occasion de cette nouvelle carrière dans la politique qu’il démissionna de son grade à l’armée, fut admis à la pension de retraite et fut nommé Inspecteur Général Honoraire du Service de santé.
En 1861, Louis Seutin fut muté à l’hôpital Saint-Jean. Quelques mois plus tard, il souffrit d'une maladie cardiaque qui l'obligeat à s'aliter, suite à de fortes contrariétés dues au non-respect de ses ordres donnés à un personnel qui, pensait-il, n’avait pas la même conception des principes qui avaient motivé toute sa vie professionnelle.
Le 5 janvier 1862, ses amis voyant sa santé décliner lui offrirent un magnifique groupe en bronze sur lequel on pouvait lire « Au persévérant défenseur de la dignité professionnelle, le baron Seutin, ses confrères belges reconnaissants ».
Le 29 janvier 1862, il rendit l’âme. Son épouse, la baronne Seutin le suivit de peu. Ils n’avaient pas de descendance.
Le corps de Louis Seutin repose au cimetière de Laeken. Sa tombe se trouvait en 1998 dans un piteux état. Dans le journal « Vers L’Avenir Brabant wallon » du 31 octobre 1998 – page 8 on pouvait lire : «…… L'imposante tombe du Nivellois Louis Seutin subit le même sort. Les grilles qui l'entourent sont rouillées, la plaque de marbre est illisible. Tout au plus reconnaît-t-on le portrait de ce célèbre médecin qui inventa la technique du plâtrage pour immobiliser les membres fracturés. » Il est bon de rectifier en partie ce commentaire. Il ne s’agissait pas encore de la technique du plâtre utilisé de nos jours mais bien d’une méthode amovo-inamovible développée à partir d’un bandage amidonné et d’attelles en carton.
Son testament

Louis Seutin léguât des sommes importantes à l’administration des Hospices et à l’école maternelle de Nivelles ainsi que pour la création d’une bourse en faveur d’un membre de sa famille ou à défaut d’un jeune Nivellois désireux d’effectuer des études de droit ou de médecine à l’Université libre de Bruxelles. Dans son testament figurait également une donation substantielle pour l’époque de 6.000 francs « or » destinée à la réfection de la fontaine-perron de la Grand-Place. Perron autour duquel il avait vraisemblablement joué quand il était enfant. Enfin, il léguât son cœur à sa ville natale.
La translation de son cœur de Bruxelles à Nivelles

Un dimanche d’avril 1862, malgré la neige qui tombait à gros flocons, une foule considérable était présente à la gare du Nord de Nivelles pour accueillir la famille de Louis Seutin. Celle-ci apportait l’urne en argent contenant le coeur de l’illustre chirurgien.
L’inauguration du monument à la gloire du baron Seutin

Le 21 juin 1903, en présence de l’héritier du trône de Belgique, le prince Albert, une cérémonie se déroula dans le square devant la gare de l’Est de Nivelles afin d’inaugurer le monument à la gloire du baron Seutin. Son cœur, qui dans un premier temps reposait dans la chapelle de l’Hôpital général, situé dans l’ancien couvent des récollets, fut placé, au sommet du monument, dans le buste qui le représente.
Au bas du monument se trouve une femme tenant une lampe à huile allumée. Cette lampe symbolise la science émergeant de la nuit.
Une statue de Seutin de plein pied reposant sur un piédestal se trouve également dans la cour d’honneur de l’hôpital Saint-Pierre à Bruxelles.
La célébration du centenaire de la mort du célèbre chirurgien

Ce n’est pas le 29 janvier 1962 mais bien le 22 septembre 1963 que l’on célébra le centenaire de la mort de Louis Seutin. La cérémonie s’est déroulée en partie à l’hôtel de ville de Nivelles et en partie devant sa statue au square qui porte son nom. Jules Bary, le bourgmestre de l’époque, le colonel d’Artillerie honoraire Charles Rascar et le doyen de la faculté des sciences de l’Université Libre de Bruxelles, le professeur Burniat firent dans leur allocution l’éloge de cet homme de Science que fut le baron Seutin.
Les plus importants titres et décorations de Louis Seutin

1822 : Il fut décoré par Guillaume Ier de la croix de chevalier de l’ordre du « Lion Belgique » pour ses services rendus en 1815.
1831 : Le roi de France Louis-Philippe lui décerna la « Légion d’honneur ».
1834 : Il fut nommé chevalier de l’ordre de Léopold.
1847 : Le Roi Léopold Ier l’anoblit et lui conféra le titre de baron.
1859 : Le Roi lui conféra la haute distinction de Commandeur de l’Ordre de Léopold.
Seutin, l’inventeur

Louis Seutin aurait préféré une chirurgie moins mutilante qui aurait réservé le couteau uniquement pour des opérations réparatrices. Le hasard lui fournira l’occasion de concevoir un procédé de réduction des fractures, la méthode amovo-inamovible, l’ancêtre du plâtre d’aujourd’hui. Lors d’une visite chez des amis on lui montra une chèvre qui avait une patte cassée et on lui demanda de bien vouloir la guérir. Voyant une servante qui était en train d’empeser du linge, cela lui donna l’idée d’utiliser l’empois d’amidon pour fixer les bandes dont il s’était servi pour confectionner son appareil contentif.
A partir de ce moment il n’eut de cesse de développer sa méthode. De l’étranger, on vint s’informer de ses travaux et de leurs applications. Les bénéfices liés à son procédé lui paraissaient si évidents qu’il s’en alla parcourir l’Europe afin de le vulgariser. A partir du 24 juillet 1851, ses pérégrinations le conduisirent en Allemagne, en Russie, en Turquie, en Grèce, en Italie et en France. Partout il reçut un accueil enthousiaste. Il revint en Belgique en janvier 1852.
Seutin fut également le créateur d’une pince chirurgicale qui porte son nom.
Trois rues et un square lui sont dédiés
Seutin fut également le créateur d’une pince chirurgicale qui porte son nom.
Trois rues et un square lui sont dédiés
A Nivelles : la rue Seutin et le square Baron Seutin
A Schaerbeek : la rue Seutin
A Waterloo : l’avenue Baron Seutin

D'autres photographies relatives au square Baron Seutin
A Schaerbeek : la rue Seutin
A Waterloo : l’avenue Baron Seutin

D'autres photographies relatives au square Baron Seutin
http://picasaweb.google.com/gerard.lenelle/LouisSeutin
Documents de référence :
- Le Baron L. Seutin, sa vie et ses travaux – ouvrage posthume publié par le docteur J. R Marinus – 1862
- Un illustre Nivellois – Le Baron Seutin par Charles Rascar, colonel d’Artillerie Honoraire – Rif tout dju n° 100 – juin 1966 - pages 41 à 55
- Médecins et chirurgiens de la grande armée – extrait du bulletin de la Société belge d’études napoléoniennes, n° 65 paru dans le Rif tout dju n° 131 – septembre 1969 – page 32
- Seutin, Nivellois … né à Bruxelles ? article de Joseph Delmelle – Rif tout dju n° 191 – septembre 1975 – pages 11 et 12
- Le baron Seutin dans l’histoire militaire et médicale de son temps par Edgard Evrard - 1984
Documents de référence :
- Le Baron L. Seutin, sa vie et ses travaux – ouvrage posthume publié par le docteur J. R Marinus – 1862
- Un illustre Nivellois – Le Baron Seutin par Charles Rascar, colonel d’Artillerie Honoraire – Rif tout dju n° 100 – juin 1966 - pages 41 à 55
- Médecins et chirurgiens de la grande armée – extrait du bulletin de la Société belge d’études napoléoniennes, n° 65 paru dans le Rif tout dju n° 131 – septembre 1969 – page 32
- Seutin, Nivellois … né à Bruxelles ? article de Joseph Delmelle – Rif tout dju n° 191 – septembre 1975 – pages 11 et 12
- Le baron Seutin dans l’histoire militaire et médicale de son temps par Edgard Evrard - 1984
- Le baron Seutin : A hauteur d'homme - Rif tout dju n°279 - mars 1985 - pages 17 à 18
- Un grand Nivellois – Louis Seutin (1793-1862) par Louis Genty – paru dans la presse régionale en septembre 1990
- Nivelles en 1815 : article paru dans la Dernière Heure du 3 octobre 2000
- Nivelles : article paru dans la Dernière Heure du 7 octobre 2000
- Le baron Louis Seutin, médecin par Georges Lecocq – S.A.N. n° 131 – octobre/novembre 2000
Sites de référence :
- http://nivelles.be/ViewArticle.php?ref=TOPA00362
-http://old.rtbf.be/rtbf_2000/bin/view_something.cgi?type=article&id=0092696_article&menu=0010478_menulist&pub=RTBF.CAP%2FCAP.FR.la_taille.SP.BXXL
- Un grand Nivellois – Louis Seutin (1793-1862) par Louis Genty – paru dans la presse régionale en septembre 1990
- Nivelles en 1815 : article paru dans la Dernière Heure du 3 octobre 2000
- Nivelles : article paru dans la Dernière Heure du 7 octobre 2000
- Le baron Louis Seutin, médecin par Georges Lecocq – S.A.N. n° 131 – octobre/novembre 2000
Sites de référence :
- http://nivelles.be/ViewArticle.php?ref=TOPA00362
-http://old.rtbf.be/rtbf_2000/bin/view_something.cgi?type=article&id=0092696_article&menu=0010478_menulist&pub=RTBF.CAP%2FCAP.FR.la_taille.SP.BXXL
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